Tirs de missiles en Sarkozy du nord.....

Publié le par la fee viviane

Chers amis,

Tirs de missiles en Sarkozie du Nord Suspense et tremblements.

Plusieurs soirs durant, les journaux télévisés s’ouvrirent sur les menaçants essais nucléaires nord-coréens. Les présentateurs prenaient des mines de circonstance. La tension montait. Une drôle de troisième guerre mondiale était peut-être pour demain. Après tout, la « dictature ubuesque » de Kim Jong Il, si friande en « bravades » et en « bras d’honneur », ce royaume du Mal Absolu, n’allait-elle pas, pour le plaisir, prendre le risque de déclencher une apocalypse mondiale ? Seuls les plus fins analystes, au fond de longs articles, tentèrent d’analyser les mobiles des « provocateurs » nord coréens. Peut-être le pays de Kim Jong-Il cherchait-il ainsi seulement à revenir en position de force à la table de négociations internationales. Peut-être le dictateur préparait-il sa succession. Peut-être ce comportement irrationnel avait-il, après tout, des motifs très calculés. Et peut-être la frayeur mondiale jouait-elle un rôle, dans l’accomplissement de ces desseins. Mais alors, les journalistes qui propageaient cet effroi, ne s’en faisaient-ils pas les complices ?

La même semaine, la présidence française (Europe de l’Ouest) procéda aussi à des tirs de missiles à moyenne portée, nommés « Claude Allègre au gouvernement ». Plusieurs jours durant, en levant les yeux, la population les vit très nettement traverser de part en part le ciel du pays. On interrogea, on spécula, on supputa. Les titreurs des journaux les plus prestigieux se creusèrent la tête pour évaluer la position et la trajectoire des fusées. Allègre était « aux portes du gouvernement », assurèrent-ils. Sa résurrection politique « n’a jamais été si proche » renchérirent-ils. Sur Internet, fleurirent les confidences sur les secrets de fabrication. Et chacun de s’interroger sur les desseins du Grand Leader, qui faisait filtrer moult informations sur sa résolution inébranlable.

Il fallut attendre que Nicolas Hulot siffle la fin de la récréation, pour que chacun se souvienne que Allègre I, Allègre II, Allègre III et toute la famille souffraient d’un irrémédiable vice de fabrication : l’ancien (et futur ?) ministre était un « négationniste du réchauffement ». Et chacun des calculeurs de trajectoire de se gratter le front : bon Dieu, c’est bien sûr. Nous avions oublié ce paramètre ! Où avions-nous la tête ? Non, assurément, dans ces conditions, le missile fera flop. Déconvenue pour le centre de tir ? Sans doute pas. Car le maximum des bénéfices politiques escomptables des missiles de la famille « ouverture politique » se déguste avant le tir proprement dit. Le meilleur moment, comme dans l’amour, est dans l’escalier. Le seul avantage tangible de ce type de fusée, ce sont les spéculations préalables, les polémiques, le défilé en fanfare du rutilant engin dans les rues de la ville, en espérant que cette seule bande-annonce convaincra quelques électeurs impressionnés de voter UMP. Après, seuls des inconvénients sont à attendre. Soit le ministre d’ouverture ne comprend pas ce que l’on attend de lui, il s’imagine encore de gauche, multiplie les déclarations de gauche, et il faut le rétrograder d’urgence, comme l’infortuné Jean-Marie Bockel, ayant fait mine de s’en prendre à la « Françafrique ». Soit il devient plus UMP que les UMP, comme Kouchner achevant de ranger les droits de l’homme dans un tiroir, ou Besson exécutant la CIMADE sans états d’âme, et alors son pedigree passé est d’un seul coup effacé. Dans les deux cas, sitôt tiré, le missile foire. Dans cette optique, tous les journalistes qui évoquent « l’opération Allègre », dissèquent les buzz, spéculent sur, et même détaillent les difficultés de l’opération, sont non seulement ses observateurs, mais ses propulseurs. Ils en fournissent le carburant. Le même mécanisme est d’ailleurs fréquemment observable. Prenons deux derniers missiles tirés par le régime français, celui de la « fouille des cartables à l’entrée des collèges », et son cousin des « portiques de sécurité ». La proposition n’est pas seulement discutable, elle est surtout impraticable. La seule image de plusieurs centaines de collégiens faisant la queue quatre fois par jour pour passer sous les portiques de détection, suffit à tout esprit sensé pour ranger la suggestion au cimetière des projectiles, avec l’arsenal Allègre. Et pourtant, ceux-là aussi, la même semaine, ont eu leurs observateurs-propulseurs. Cette énergie-là ne fera jamais défaut.

Bonne nuit et faites de beaux rêves : il est encore  possible de s'évader de ce monde cauchemardesque en se couchant avec une verveine, ne vous en privez pas !!

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A
Excellent billet. Heureusement qu'il nous reste le net ;-)
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