Lettre ouverte à Ségolène Royal

Publié le par la fee viviane

Chère Ségolène Royal, chère camarade,  

Peu à peu je crois, la « people-politique » perd du terrain. Les français -et certains grands médias comme
Le Nouvel Obs ou Libération, mais d’autres encore- commencent à s’apercevoir que la campagne 2007, que la présidence de Nicolas Sarkozy, s’inscrivent dans une mode et, comme toutes les modes, vont laisser la place, doivent laisser la place, à autre chose :

- Au retour à la réflexion
- A la prééminence des idées sur les personnes

- A la fin de la petite phrase qui a remplacé trop souvent le texte.

Si le ou la candidat(e) veut l’emporter en 2012, il serait plus que souhaitable qu’il (ou elle car j’aimerais tant que vos idées triomphent!) se fasse plus rare dans les médias, privilégie le fond et fasse que la forme n’occupe pas toute la place. Il lui faudra poursuivre le développement de la démocratie participative en corrigeant ses inévitables défauts de « débutante » (je parle de la démocratie participative, pas de vous !). Internet et tous les moyens technologiques d’information devront être utilisés. Mais en équilibre avec le militantisme traditionnel.

Nicolas Sarkozy a gagné et maintient sa popularité en « surfeur ». Il surfe sur l’air du temps, monopolise les médias par un activisme aux résultats très timides, fait de l’image. Au kilomètre ! Mais la lassitude ne manquera pas de le rattraper. Cela va commencer, commence déjà !

Son adversaire devra prendre le contre-pied par :

- Un projet SOUTENU par une équipe SOUDEE.


-
Des idées traduites en langage clair dans un document qui ne soit pas un indigeste pavé ! (Tony Blair avait coutume de dire qu’il avait gagné des élections avec un programme résumé sur une fiche Bristol, en cinq points écrits un soir à la fin d’un repas entre amis…). Sans être esclave des « idées neuves »… Ce ne sont pas automatiquement de bonnes idées. Même si évidemment, il en faudra, non par souci de « mode » mais par nécessité. Des idées et propositions véritablement clivantes.

- Des apparitions choisies et limitées à la télévision. Il faudra privilégier la radio (en refusant de répondre à des questions débiles sur le nombre de sous-marins nucléaires… Passons) et la presse écrite ; quelques sites Internet « influents » aussi… Le manque crée toujours le désir…

- Des meetings populaires, pas trop nombreux pour éviter les répétitions.

- Des meetings « Désirs d’avenir » ouverts à tous, avec des femmes et hommes de spectacles, mais pas seulement : des écrivains et artistes autres que des chanteurs seront bienvenus… Cali certes, mais une Jeanne Moreau ou une Ariane Mnouchkine, un Thomas Piketty ou un Philippe Meirieu seraient très à leur place…aussi. En chair et en os. Tant d’autres encore et qui devront prendre la parole dans leur domaine d’expertise citoyenne.

- La prise en compte de la fin de la « peopolisation » : 2011-2012 n’aura rien à voir avec 2006-2007. Les électeurs seront reconnaissants à celle ou celui qui saura dire non à l’Etat-spectacle.

Mais bien entendu, d’ici-là, il faudra une gauche rassemblée (ce sera difficile mais pas impossible), un PS rassemblé lui aussi et qui ne court pas après Sarkozy mais qui fait entendre sa voix, une seule voix lorsque le candidat aura été désigné à l’issue de primaires ouvertes. Laissons le Président s’agiter entouré de sa garde prétorienne… Lui répondre en permanence, c’est faire écho (et c’est ce qu’il veut) au bruit médiatique qu’il provoque, c’est donner de l’importance à des propos qui, souvent, ne valent même pas la peine d’être relevés. Occupons le terrain par NOS idées plutôt qu’alimenter le moulin à paroles présidentielles…
On n’entendra plus Frédéric Lefebvre ! Le bonheur non ?...

C’est comme ça, entre autres moyens évidemment, que nous pourrons espérer l’emporter. Toute autre voie, un « copier-coller » des agitations de l’UMP, seront en revanche la certitude de la défaite.

2012 ne ressemblera pas à 2007… Ce sera, j’espère, le triomphe de la réflexion sur le superficiel, la primauté de l’intelligence sur l’ironie, la victoire de la houle sur l’écume…

Deux réflexions « en passant » pour illustrer mon propos:

1- A propos d’une couverture de Paris-Match (et des photos et articles intérieurs) qui ne vous aura pas échappée cet été :

Paris-Match est décidément « has been ». Il vous consacre sa “une”. Avec trois pages de photos et d’articles à l’intérieur. Je n’ai pas lu les articles, seulement parcouru les photos et légendes, toutes très  gentilles, très « soft ». Mais, je trouve, irrespectueuses parce que violant des moments d’intimité qui n’appartiennent qu’à vous.

Je n’ai pas acheté Paris-Match, vous l’imaginez bien !

Ces « reportages », gentils ou pas, ne prennent plus. Les politiques ne pourront pas empêcher d’être « peopolisés » bien sûr. Comment éviter les paparazzis, mauvais photographes mais excellentes imitations de rapaces aux aguets ? Heureusement les lecteurs semblent, de même que la presse quotidienne nationale, se lasser du mélange des genres. Il était temps !

Je suis persuadé que les mois qui viennent verront le retour de la réflexion et la « peopolisation » sera naturellement consacrée à ceux qui font profession de l’image. Quant aux journalistes, pour ceux qui font profession de l’action politique, il leur faudra aussi éviter de se compromettre sur certains plateaux…

Eric Nolleau et Eric Zemmour, les deux médiocres duettistes de l’émission « On n’est pas couché » sur France 2 sont à eux-seuls les symboles le plus aboutis d’une époque qui a vu l’hypocrisie, l’ironie et la superficialité remplacer l’information, tout simplement L’INFORMATION ! Ecouter Nolleau dénoncer la peopolisation de la politique, éructer contre ces femmes et hommes politiques qui feraient mieux de rester à leur place quand lui-même vient faire le show, et vous aurez alors compris tout ce que nos médiatiques journalistes (au demeurant talentueux mais au talent fourvoyé, voire dévoyé) ne doivent plus faire au risque d’enterrer pour longtemps tout espoir de retour de l’analyse politique sur le devant de la scène… C'est-à-dire en « une » des quotidiens, des magazines et sur nos chaînes de télévision. Quand les « Eric Nolleau » auront rejoint les « Florence Aubenas » dans l’exigence journalistique, alors nous pourrons espérer le retour d’un journalisme politique éloigné des paillettes des talk-shows « ardissoniens », Ardisson, cet autre fossoyeur de la réflexion politique.

Enfin, les femmes et hommes politiques devront mettre un frein eux-aussi à leur participation au barnum « peopolitique ». Celle ou celui qui saura prendre ce virage indispensable, aller contre l’air du temps et montrer par cette attitude qu’il respecte l’intelligence des français, aura la reconnaissance de la majorité d’entre eux.

Ca peut servir en 2012…

2-
Plusieurs articles et ouvrages, de plus en plus nombreux, commencent à démonter le système de la peopolisation, ce système dont même les plus grands intellectuels se sont emparés quand ils ne s’y sont pas voluptueusement plongés.

- Au risque évidemment du viol de leur intimité par des articles vulgaires accompagnés de photos racoleuses.

- Au risque d’un narcissisme permanent.

- Au risque de la disparition de la chose publique sous les affaires privées, de la fin du « nous » pour le triomphe du « je ».

Nous sommes, je le crois de plus en plus, à l’épuisement d’une période et au commencement d’une autre : celle où ceux qui aujourd’hui ne sont pas sur le devant de la scène médiatique le seront à nouveau. Celle aussi qui reconnaîtra, à l’occasion des présidentielles de 2012 par exemple, le ou la candidat(e) qui tournera le dos à la politique-spectacle pour la politique tout court.

Il est temps d’en finir avec les « agents-images » (Ca existe et ils sont TRES influents encore !) pour saluer l’arrivée des « agents-réflexions-idées » (Ca existe aussi mais qui les connait ? Qui les lit ?).

 

Soyez certaine, chère Ségolène, chère camarade, de mon soutien tant au sein du parti que dans la vie de chaque jour… J’admire votre abnégation et votre courage. N’oubliez jamais que vous n’êtes pas seule…

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C
Je vois que tu es rentrée en pleine forme, deux articles déjà!<br /> A vendredi, amicalement, Jacqueline
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L
<br /> il y a des choses qui, a propos de ségolène en passent pas !! et puis cette histoire de primaires qui devient drôle vraiment jusqu'au point oû on oublie la cinquième !! je me tord de rire si la<br /> situation financière n'était pas catastrophique.<br /> <br /> <br />
N
Ahh ! Dame Viviane, je l'avoue, quand j'ai vu cette couverture de Paris Match en flânant tranquillement, je me suis sentie agacée. La vie privée des gouvernants ne me regarde ni ne m'intéresse. Ce qui me chaut, ce sont leurs actes.
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L
<br /> c'est bien ce que je souligne dans cet article, bien faire et laisser dire !! l'adage n'a pas pris une rides. Le bon sens populaire hérité des philosophie grecs et du christianisme des premiers<br /> temps devrait ressortir en livre je crois que je vais m'y attelé.<br /> <br /> <br />