Cinq idées pour nettoyer la finance au Karcher !!

Publié le par la fee viviane



chers amis, 

en parcourant le pacte présidentiel, la motion E, des idées d'économistes français de gauche j'ai trouvé cinq idées pour remettre de l'ordre dans la finance mondiale et reetrouver une certaine serenité, mais il faudra attendre que mr Sarkozy dégage avant :


 Idée n°1 : augmenter les contreparties en fonds propres des banques

C’est l’un des paradoxes de notre époque : pour louer un deux pièces, il faut un salaire équivalent à trois (voire quatre) fois le loyer, une caution parentale, deux mois de dépôt de garantie, trois kilos de bulletins de salaires, une analyse d’urine et une expertise de poils de roustons ; pour prendre une position de 375 000 dollars sur le marché des futures de l’indice S&P500 (un des fameux marchés dérivés), il suffit de 1000 dollars, selon l’économiste du CNRS Frédéric Lordon. C’est cet effet de levier qui a fait que la banque Bear Stearns, avec 8 milliards de dollars de capitaux propres, s’est retrouvée engagée à hauteur de 13 400 milliards de dollars sur les marchés. Si l’on ajoute cet effet de levier à celui de l’endettement – sur les 1000, je peux n’avoir que 100 et emprunter 900 -, on peut faire basculer le système financier sans avoir de véritable contrepartie dans les caisses.
 
L’idée, ce serait donc d’élever drastiquement le seuil de fonds propres nécessaire pour les opérations. De 1 ou 2% aujourd’hui, les monter à 30, 50, 80%, voire une couverture intégrale pour les produits dérivés qu’on jugera les plus nocifs : si je joue 100, je dois avoir 100 en fonds propres. Lordon appelle ça la « déleviérisation ». Ca revient à priver les traders de leurs joujoux les plus complexes, et donc des rémunérations faramineuses qui vont avec.
 
Idée n°2 : instaurer un vrai malus pour les traders

Donner un euro aujourd’hui, plus un euro demain, au lieu de donner deux euros aujourd’hui, ce n’est ni de la régulation, ni un malus. C’est une imposture. C’est pourtant le ridicule sacrifice obtenu par Sarko auprès des banquiers français il y a quelques semaines. Comment aller plus loin ? En instituant un véritable malus : les équipes de traders qui font perdre durablement de l’argent à leur banque devraient restituer leurs gains antérieurs. Le système néo-libéral a pour principe de rémunérer le risque et la compétence : il n’y a rien d’illogique à sanctionner financièrement des équipes dont la compétence a été mise à défaut par une prise de risque excessive.
 
Jusqu’à présent, le seul risque pour un trader qui envoie sa banque dans le mur, c’est d’avoir un bonus nul. Si on introduit celui de perdre ce qu’on a gagné, on arrive à un résultat miraculeux, qui tempère les comportements et lisse les crises : l’autorégulation du trader lui-même. L’autocensure sur les prises de risques les plus folles. Le sentiment qu’on peut tout perdre.


 
Idée n°3 : taxer les produits les plus nocifs

On pourrait appeler cela une taxe Tobin light. Pourtant, son instigateur n’a rien du conseiller scientifique d’Attac ou du post soixante-huitard à aisselles musquées. Thomas Philippon est un économiste français, qui enseigne à la Stern School of business (Université de New York) et n’a jamais versé dans le marxisme-léninisme béat. Que propose-t-il ? De «calculer la part des activités du secteur qui sont le plus risquées pour le système financier, de les considérer comme une pollution et de les taxer. On réduit ainsi leur rentabilité et, de ce fait, les rémunérations qui en découlent », détaillait-il dans le Monde le 22 août dernier.
 
Pour lutter contre ladite « pollution », il faudrait d’abord la définir. Exercice salutaire auquel Adair Turner, le patron de l’autorité britannique des marchés financiers, pensait certainement quand il définissait une partie des activités de la City comme « socialement inutiles ». Les opérations candidates à ce label rouge ne manquent pas : produits dérivés de dérivés, activités de flash-trading, cette spéculation à la milliseconde effectuée par des ordinateurs surpuissants aux Etats-Unis, ou encore les divers produits aussi exotiques qu’inexplicables comme l’ « option à barrière » ou la « swaption des Bermudes ».
 
Idée n°4 : payer les traders et dirigeants en actifs toxiques

C’est la technique du Crédit Suisse, d’un cynisme terrible et d’une efficacité redoutable. Le principe est simple : on prend les actifs pourris dans le bilan de la banque, que ses traders et dirigeants ont fait gonfler au mépris de toute règle prudentielle ; on les rassemble dans un fonds spécifique, sorti du bilan. Et on paie les bonus en offrant des parts de ce fonds aux dirigeants et traders. Crédit Suisse l’a fait avec cinq milliards de dollars d’actifs illiquides, notamment des titres adossés à des hypothèques, qu’il a placé dans un fonds baptisé Partner Asset Facility. Les 2000 principaux cadres de la banque ont reçu une part de leur bonus en parts de ce fonds douteux.
 
Idée réjouissante s’il en est, qui permet de (version soft, option Crédit Suisse) « responsabiliser les cadres sur leurs prises de risques des années passées », ou de (version hard, option commentaire d’internaute de Marianne2) « mettre-ces-banquiers-le-nez-dans-leur-merde ». Si les Suisses le font, on voit mal les obstacles techniques ou juridiques à une extension de cette pratique dans le monde.
 
Idée n°5 : interdire la titrisation

Quand on évoque le sujet, le banquier aime à hululer. A hurler que les marchés financiers ne peuvent pas fonctionner sans titrisation, que leur interdiction briserait l’octroi de crédits par les banques, thèse reprise plusieurs fois par la ministre des finances Christine Lagarde. Rétablissons donc un fait : la titrisation des créances est une création récente, datant du milieu des années 70 et largement développée dans les années 90. En France, elle a été introduite par la loi du 23 décembre 1988, sur l’instigation de Pierre Bérégovoy. On a donc vécu, et très bien, des décennies sans créances titrisées.
 
La titrisation, c’est en quelque sorte l’opération de défausse des banques sur leurs créances : elles en transfèrent le risque à d’autres acteurs économiques, en transformant les créances de leurs clients en produits financiers vendus sur les marchés. Les banques peuvent donc émettre du crédit sans avoir les contreparties correspondantes : elles transforment la majorité des créances en produits financiers complexes, qui infectent les portefeuilles des acteurs de la finance sans –souvent- qu’ils ne soient au courant. Et les banques peuvent se permettre d’être moins sélectifs sur les dossiers des emprunteurs, en prenant des ménages moins solvables, puisqu’elles n’assument plus le risque de crédit. D’où crédits à des ménages non solvables, d’où non-remboursement, d’où la crise des subprimes.
 
Solution directe et sans concession : on interdit la titrisation, comme le suggèrent les économistes Frédéric Lordon et Daniel Cohen. Pourquoi ? Parce que la banque se rémunère, à travers le taux d’intérêt, pour le service qu’elle rend et pour le risque qu’elle prend sur elle. En transférant le risque à d’autre, elle supprime une de ses raisons d’être et ne fait pas son boulot. Grand prince, Frédéric Lordon propose, en solution plus facile à mettre en œuvre, de permettre aux banques de titriser 5% de leurs encours. Ce qui n’empêcherait pas les gros bonnets de la banque de hululer de plus belle. 

Dormez en paix, avec si possible quelqu'un qui vous aime et que vous aimez, l'essentiel est là, croyez-moi.
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