Catastrophique !!!!!
Mes amis,
Hier, j'ai défilé avec les lycéens du lycée Raynouard de Brignoles et j'ai beaucoup parlé avec eux. J'en ai tiré plusieurs enseignements dont je vous fais part :
Les lycéens aujourd'hui dans la rue manifestent nous dit-on contre le projet de loi sur les retraites.
Pour moi, il n'en est absolument rien !
Ils manifestent, sans l'ombre d'une organisation, dépassant leurs syndicats (UNL et FIDL) qui n'ont pas été à l'origine du mouvement mais l'ont pris en route, en cristallisant leur colère sur bien d'autres motifs que les retraites.
Très franchement, qui peut croire qu'un(e) jeune de 16 ans peut s'interesser à ce qui va lui arriver -si ça lui arrive-, dans presqu'un demi siècle? Personne! Car personne ne sait aujourd'hui ce que sera l'état du marché du travail dans 50 ans. Avec en plus tous les autres aléas possibles...
Alors quels sont, d'après moi mais aussi d'après toutes les lycéennes et tous les lyceens que je côtoie, les vrais motifs de leur colère?
D'abord une peur diffuse mais qui s'ancre depuis quelques temps à propos de l'emploi, de l'emploi immédiat. Et des difficultés à en trouver. Ils voient leurs parents, leurs frères et soeurs aînés qui "galèrent" souvent.
Ensuite il y a un anti-sarkozysme très fort et le conflit sur les retraites leur permet de l'exprimer.
Enfin, mais c'est très important et cette lecture-là est assez peu diffusée, quoi que connue, il y a la colère de toute cette partie de la jeunesse formée par les 150 000 jeunes sortant d'un système scolaire ultra-sélectif et en sortant sans AUCUN diplôme.
Un jour ou l'autre, ces laissés-pour-compte s'exprimeront et violemment! Cela a commencé d'ailleurs. Loin de moi l'idée d'ête une "anti-sélectif" primaire. Mais à force de sélectioner toujours les mêmes, avec les mêmes méthodes et de conserver une école qui ne correspond plus qu'aux aspirations des élites, il ne faut pas en plus se scandaliser d'assister à des colères violentes. Car "ceux qu'on laisse sur le bord du chemin" (S Royal/2007), ont peut-être le droit aussi qu'on les considère. Or l'école française aujourd'hui fabrique des révoltés... 150 000 par an!
Pour finir, je voudrais enfin dire ici que ce mouvement lycéen (et un peu étudiant mais du bout des lèvres) n'a strictement rien à voir avec Mai-68. A l'époque, la jeunesse refaisait le monde sous des slogans rêveurs: "Sous les pavés la plage"... C'était joli...
Aujourd'hui, avec des syndicats lycéens, étudiants et enseignants (notamment le Snuipp et le SNES) complêtement "à l'ouest" et très éloignés des réalités, la jeunesse de 2010 veut à tout prix, non pas refaire la société, la repeindre à d'autres couleurs, briser les murs et les chaînes. Non!
Elle veut au contraire se glisser dans le moule et dans la conformité la plus totale. Le tout, et c'est pour moi un scandale, encouragé par des responsables syndicaux sans autre ambition que de maintenir la jeunesse dans une réalité consommatrice abominable...L'école , coeur battant de la république a disparu. Reprenez les propositions 22 à 35 de la candidate socialiste de 2007, rien ou presque rien à changer pour refaire de l'éducation la priorité, des priorités !
Vous avez dit Mai68 ? Allons !...j'y étais moi, à Paris en mai 68, en licence de lettres à la Sorbonne........