désordre du système financier : passer du discours aux actes !
Mes amis,
Au moment oû je termine ce livre, début août 2011, la crise financière fait rage. Il y a trois ans les Etats s’étaient portés au secours des banques ; aujourd’hui, ils sont sous leur joug. L’Europe paie cher son incapacité à admettre que la crise de 2008 n’est pas seulement un accident financier, mais que c’est la crise du système ! Une crise de civilisation qui appelle des dirigeants sans peur qui auraient le courage d’agir sans se soucier des échéances électorales !
5,6 milliards d’euros. Cette somme pourrait financer de siècles de RSA , des milliers de postes d’enseignants, des centaines d’hôpitaux. Rien de tout cela chez nous. Ce chiffre restera dans l’histoire comme la perte réalisée par le trader Jérôme Kerviel en spéculant sur les marchés boursiers !
4,9 milliards. Cette somme représentait en 2009 l’ensemble de l’aide déboursée par le G8 pour lutter contre la faim dans les pays pauvres. Au même, la banque américaine Goldman Sachs annonçait à ses employés qu’ils se partageraient la somme de 11 milliards de bonus, soit 750000 dollars par personnes !
Ce système a commencé à produire ses effets il y a dix ans environ en Europe, avec un coup de pouce sans précèdent : une nouvelle constitution de l’union qui prévoit que les pays membres ne pourront pas se financer directement à la BCE ! Non, les pays devront s’endetter auprès des banques privées qui vont réaliser des bonus énormes rien qu’en encaissant les intérêts de la dette ! L’épargne des pays émergeants est détournée vers les grandes places financières. Ces fonds entretiennent d’année en année des bulles spéculatives : bulle des subprimes en 2006, bulle des matières premières en 2007, bulles des obligations d’état en 2008, bulle d’internet en 2009 et crise globale en 2011 ! Au lieu d’accompagner le développement des pays émergeants, les flux financiers internationaux se recyclent dans une économie de la spéculation dont le moteur est la cupidité, exigeant des rendements à deux chiffres alors que l’économie réelle stagne, il faut bien que quelqu’un paie ! Le monstre financier n’est jamais rassasié, il met les états à genoux, ces mêmes états qui l’ont renflouer ! les difficultés de la Grèce devraient être prises à bras le corps pour assainir le système financier européen, mais non, une nouvelle fois c’est un colmatage qui est fait en contrepartie de baisse de salaires, de retraites, de privatisation des services publics….
Il est urgent de s’engager fortement dans la relance de notre économie commune avec la banque européenne autour de la croissance verte et la mutation écologique comme le fait le Brésil :
-les transports propres avec la voiture électrique qui, aujourd’hui est à dimension franco-allemande c’est la preuve que l’innovation européenne est à l’avant-garde !
-la création d’un organisme public de notation car il n’est plus acceptable que nous dépendions d’agences américaines privées liées au système !
-l’interdiction de la spéculation bancaire. Tout le monde la critique, personne ne fait rien ! Les dirigeants l’avaient décidé en 2008, il est temps de passer aux actes et j’ai une proposition concrètes pour ce faire : rendre public le nom des banques et des fonds de pension qui ont spéculé sur la dette grecque. Interdire les vente à terme des titres que ces banques ne possèdent même pas !
C’est pour cela que la première réforme à faire est la réforme bancaire. Il faut faire la distintion entre les banques spéculatives et celles d’investissements, prohiber les bonus individuel interdire les paradis fiscaux, tout le monde le dit, personne ne le fait : il faut que la finance redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une industrie au service de l’économie réelle , elle-même au service de l’emploi et du bien être des peuples.
Ségolène Royal
"extrait du livre-programme" lettre aux indignés....