En un petit effort !

Publié le par la fee viviane

Mes amis,

La chronique d'une victoire annoncée aux prochaines élections régionales ne doit pas, encore une fois, faire illusion. Pour gagner en 2012, le PS doit faire face à un double défi. Ce n'est pas tant le "capitalisme électoral", cette forme létale de cumul des mandats qui transforme le parti du mouvement en parti des élus, qui est ici en cause ; c'est bien plutôt l'impossibilité manifeste à incarner un espoir après la fin du cycle d'Epinay et le trop-plein de talents, de compétences pour départager les candidats à la présidentielle : déficit d'idées et pléthore de candidats sont les deux maux qui minent le PS et au-delà, toute la gauche.

Pour chacun de ces défis, il existe des solutions qui supposent de remettre en cause les traditions mitterrandiennes, le catéchisme obsolète qui consiste à tenir un discours "de gauche" et à exercer une politique d'accompagnement du capitalisme sans le remettre en cause réellement et sans tenir compte des crises qui viennent, qu'elles soient sociale, financière, climatique ou géopolitique.

Ce petit texte est destiné à contribuer aux débats et secouer le cocotier des idées reçues, quitte à faire tomber certains ténors qui étaient déjà là dans les années 1980 et qui n'arrivent pas à passer la main, quitte à dénoncer les contradictions entre les discours et les actes. Là encore, l'exemple du cumul des mandats et des fonctions est le symptôme d'une crise grave entre la réalité et l'idéal.

Prenons le premier défi : l'absence d'un projet de société. Aujourd'hui le PS est devenu un "bon gestionnaire" (et il s'en vante !). Il est un "parti de gouvernement". Plus personne ne lui conteste ce titre mais il est incapable de proposer une alternative crédible à la "société de marché". Jacques Julliard a raison de dénoncer ces gouvernements de droite ou de gauche qui donnent l'impression que c'est toujours Alain Minc (ou l'un de ses clones) qui dicte la politique de la France.

Pour devenir une véritable force de proposition et de transformation, le PS devrait se posait deux questions : quelle société souhaitons-nous à un horizon de vingt ans ? Quels sont les moyens à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif ? Quand il arrive à se poser ces questions, les réponses du PS sont le plus souvent électoralistes et se résument à un "antisarkosysme" qui est l'aveu d'une faiblesse intellectuelle qui paraîtra ridicule au regard de l'histoire.


Regardons la réalité en face : nous sommes à un tournant de civilisation. Nous sommes en train de consumer notre planète tout en accroissant les inégalités. La force l'emporte sur le droit. Une nouvelle forme de totalitarisme s'impose à nous abandonnant la moustache de Big Brother pour le sourire crispé du Joker dans Batman : le marché a pris le contrôle de nos esprits et nous sommes devenus des smileys réduits à l'état de cons sots mateurs !

Pourtant, il existe des réponses à ces questions. En lisant l'excellent livre d'Alain Supiot, "L'Esprit de Philadelphie" (Seuil, 2010) on retrouve une boussole, un cap. Pour éviter les fureurs identitaires et favoriser la paix, il faut réaffirmer la dignité humaine, se préoccuper des conditions de vie et donc de justice sociale, étant précisé que "la dignité humaine conduit ainsi à récuser aussi bien les systèmes qui bafouent le besoin de sécurité au nom de la liberté que ceux qui étouffent les libertés au nom de la sécurité".

Après avoir retrouvé le Nord en retrouvant le sens de la limite, le goût des autres et le refus de la soumission au dieu-Marché, il faut revenir dans le quotidien, le réel, et la désespérance social savamment organisée par "notre président" à coup de bouclier fiscal, de préparation des esprits à la prochaine catastrophe (le financement des retraite, l'endettement volontaire) qui prépare le prochain choc et justifiera encore la remise en cause délibérée du programme du Conseil national de la Résistance (destruction des services publics, dépérissement de l'Etat, négation des solidarités, asservissement de l'Etat au bénéfice de quelques grands fermiers généraux résidant à Neuilly, etc.).

Mais, il ne s'agit pas encore une fois de panser les plaies de la politique gouvernementale mais de proposer un nouveau modèle de société. Pour cela, nous devons répondre à cette question simple : Comment passer d'une société consommant 9 barils de pétrole par personne et par an à un seul baril ? Car, qu'on l'accepte ou que l'on joue la politique de l'autruche, à un horizon de vingt ans, le pétrole va devenir rare et donc cher. Deux attitudes sont possibles : un optimisme béat, la technologie trouvera des solutions ; un pessimisme résigné, la France, l'Europe, l'Occident c'est terminé, fini, kaput.

Il existe, peut-être, une troisième solution, celle d'un programme de transition qui consisterait à anticiper la crise qui vient dans toute sa démesure. Il faut prévoir une révolution fiscale, un accompagnement social, une transformation des moyens de production. L'idéal serait bien sûr que cette prise de conscience soit européenne et permette de renforcer la coopération Nord Sud.

Ne commettons pas toujours les mêmes erreurs en regardant la prochaine tempête arriver sans rien faire pour limiter les dégâts et s'en protéger.

Cela nécessite du courage et des efforts partagés. Seul un président de gauche soucieux du sort des plus faibles comme de l'avenir de notre pays peut donner du sens à l'action politique, porter de véritables réformes au service de tous et de l'intérêt général.

Reste à choisir ce porteur d'espoir, je vous raconterai dans un prochain épisode comment, selon moi, permettre à la gauche de gagner en 2012.

je vous souhaite une bonne nuit, procurez-vous le bouquin d'Alain Supiot et faites en votre livre de chevet : il va falloir changer à 180 ° !

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C
<br /> J'attends la suite avec impatience!<br /> <br /> <br />
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