Et si, en politique, la femme était l'avenir de l'homme ?
mes amis,
C'est dimanche et j'ai envie de me lâcher en qualité de femme et féministe. J'ai connu, vu mon âge, l'avant et l'après libération de la femme, donc j'ose.
La chose est sans rapport avec la Journée de la femme, mais force est de constater que plusieurs femmes politiques viennent de donner à leurs homologues masculins une belle leçon de courage.
Je pense d'abord à Chantal Jouanno qui, cette semaine, n'a pas dissimulé le « désespoir » que lui inspirait la décision du gouvernement de renoncer à la taxe carbone. Ladite taxe était hier encore présentée par Nicolas Sarkozy comme une initiative « aussi importante que l'abolition de la peine de mort ». Pas moins... Chantal Jouanno, modeste secrétaire d'État, s'est montrée plus ferme, plus vraie, plus respectueuse des citoyens. Faisant cela, elle a provoqué - dit-on - la colère du Premier ministre, François Fillon, et celle de Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée. Il n'est pas impossible que cet impavide commentaire lui coûte sa place.
Faisant cela, elle a pourtant gagné une stature politique et une « image », comme on dit maintenant, qui ne seront pas oubliées de sitôt. Son statut s'en trouve déjà changé. On en veut pour preuve les hommages qui viennent de lui être rendus par des hommes politiques aussi différents qu'Alain Juppé et Daniel Cohn-Bendit, ce dernier n'étant pas de son camp mais s'avouant admiratif. Total respect, Madame !
Le cas de Chantal Jouanno est exemplaire, mais il n'est pas le seul.
Après tout, la rude remontée que vient d'accomplir Martine Aubry en ressuscitant un Parti socialiste quasi moribond témoigne d'une ténacité et d'un savoir-faire comparables. Que l'on soit d'accord ou non avec les options stratégiques de la secrétaire générale du PS, et la façon dont elle a été mise là, il faut reconnaître que cette remontée est une belle leçon. Ajoutons aussitôt que sa rivale potentielle au PS, Ségolène Royal, vient de faire preuve elle aussi d'une détermination admirable. On la disait disqualifiée, évanouie, découragée, éteinte, et voilà qu'elle réalise aux régionales un score assez brillant pour la ramener illico dans la lumière. Pas mal.
On la regardait, jeudi soir sur France 2, dialoguer avec Dany Cohn-Bendit, argumenter, polémiquer, évoquer ses dossiers avec sérieux, le tout sans se départir de ce sourire qui a tant compté dans sa popularité. Il était difficile de ne pas être bluffé par une telle remise en selle. Les femmes politiques seraient-elles plus solides, plus résolues, plus accrocheuses que les hommes ? La question vaut d'être posée.
Nous gardons tous en mémoire d'autres manifestations d'indépendance. Celle de Rama Yade, par exemple, lorsque, secrétaire d'État aux Droits de l'homme, elle fut taclée par son ministre de tutelle, Bernard Kouchner.
Nous n'avons pas oublié non plus la manière très crâne avec laquelle Nathalie Kosciusko-Morizet, en avril 2008, tint tête à la fois à Jean-François Copé, au Premier ministre et à Jean-Louis Borloo, au sujet d'un amendement visant à limiter la culture des OGM. Celle qui était alors secrétaire d'État en charge de l'Écologie n'avait pas hésité à évoquer (en visant explicitement Copé et Borloo) « un concours de lâcheté et d'inélégance ». C'est peu de dire qu'elle en prit pour son grade à Matignon, où on l'obligea à présenter ses excuses aux intéressés. Trop tard ! Aux yeux des Français, la messe était dite et NKM avait gagné ses galons de précieuse « rebelle ».
À ces quelques exemples, j'ai envie d'adjoindre celui d'une autre dame qui, elle, est une vaincue des dernières régionales : Valérie Pécresse. On peut juger contestable - ou faible - le programme qu'elle proposait pour l'Île-de-France. Reconnaissons toutefois qu'elle aura fait preuve d'une belle vaillance en affrontant les critiques machistes, les dérisions médiatiques et les ingratitudes obliques de son propre camp. Les traits défaits de son visage, en fin de parcours, nous donnaient plutôt envie de lui tirer notre chapeau.
On se souvient du vers d'Aragon chanté par Ferrat : « La femme est l'avenir de l'homme.» Et si - politiquement - c'était vrai ?
C'est dimanche et j'ai envie de me lâcher en qualité de femme et féministe. J'ai connu, vu mon âge, l'avant et l'après libération de la femme, donc j'ose.
La chose est sans rapport avec la Journée de la femme, mais force est de constater que plusieurs femmes politiques viennent de donner à leurs homologues masculins une belle leçon de courage.
Je pense d'abord à Chantal Jouanno qui, cette semaine, n'a pas dissimulé le « désespoir » que lui inspirait la décision du gouvernement de renoncer à la taxe carbone. Ladite taxe était hier encore présentée par Nicolas Sarkozy comme une initiative « aussi importante que l'abolition de la peine de mort ». Pas moins... Chantal Jouanno, modeste secrétaire d'État, s'est montrée plus ferme, plus vraie, plus respectueuse des citoyens. Faisant cela, elle a provoqué - dit-on - la colère du Premier ministre, François Fillon, et celle de Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée. Il n'est pas impossible que cet impavide commentaire lui coûte sa place.
Faisant cela, elle a pourtant gagné une stature politique et une « image », comme on dit maintenant, qui ne seront pas oubliées de sitôt. Son statut s'en trouve déjà changé. On en veut pour preuve les hommages qui viennent de lui être rendus par des hommes politiques aussi différents qu'Alain Juppé et Daniel Cohn-Bendit, ce dernier n'étant pas de son camp mais s'avouant admiratif. Total respect, Madame !
Le cas de Chantal Jouanno est exemplaire, mais il n'est pas le seul.
Après tout, la rude remontée que vient d'accomplir Martine Aubry en ressuscitant un Parti socialiste quasi moribond témoigne d'une ténacité et d'un savoir-faire comparables. Que l'on soit d'accord ou non avec les options stratégiques de la secrétaire générale du PS, et la façon dont elle a été mise là, il faut reconnaître que cette remontée est une belle leçon. Ajoutons aussitôt que sa rivale potentielle au PS, Ségolène Royal, vient de faire preuve elle aussi d'une détermination admirable. On la disait disqualifiée, évanouie, découragée, éteinte, et voilà qu'elle réalise aux régionales un score assez brillant pour la ramener illico dans la lumière. Pas mal.
On la regardait, jeudi soir sur France 2, dialoguer avec Dany Cohn-Bendit, argumenter, polémiquer, évoquer ses dossiers avec sérieux, le tout sans se départir de ce sourire qui a tant compté dans sa popularité. Il était difficile de ne pas être bluffé par une telle remise en selle. Les femmes politiques seraient-elles plus solides, plus résolues, plus accrocheuses que les hommes ? La question vaut d'être posée.
Nous gardons tous en mémoire d'autres manifestations d'indépendance. Celle de Rama Yade, par exemple, lorsque, secrétaire d'État aux Droits de l'homme, elle fut taclée par son ministre de tutelle, Bernard Kouchner.
Nous n'avons pas oublié non plus la manière très crâne avec laquelle Nathalie Kosciusko-Morizet, en avril 2008, tint tête à la fois à Jean-François Copé, au Premier ministre et à Jean-Louis Borloo, au sujet d'un amendement visant à limiter la culture des OGM. Celle qui était alors secrétaire d'État en charge de l'Écologie n'avait pas hésité à évoquer (en visant explicitement Copé et Borloo) « un concours de lâcheté et d'inélégance ». C'est peu de dire qu'elle en prit pour son grade à Matignon, où on l'obligea à présenter ses excuses aux intéressés. Trop tard ! Aux yeux des Français, la messe était dite et NKM avait gagné ses galons de précieuse « rebelle ».
À ces quelques exemples, j'ai envie d'adjoindre celui d'une autre dame qui, elle, est une vaincue des dernières régionales : Valérie Pécresse. On peut juger contestable - ou faible - le programme qu'elle proposait pour l'Île-de-France. Reconnaissons toutefois qu'elle aura fait preuve d'une belle vaillance en affrontant les critiques machistes, les dérisions médiatiques et les ingratitudes obliques de son propre camp. Les traits défaits de son visage, en fin de parcours, nous donnaient plutôt envie de lui tirer notre chapeau.
On se souvient du vers d'Aragon chanté par Ferrat : « La femme est l'avenir de l'homme.» Et si - politiquement - c'était vrai ?
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