Hou, les méchants populistes !!! (pamphlet)
Mes amis,
Ceux et celles que j’appelle les « méchants », ce sont ces agitateurs qui -confondant à dessein liberté et licence, démocratie et anarchie, éducation et subversion - instillent dans les cervelles plébéienne le séduisant poison de l’égalitarisme. On l’aura deviné, je veux parler des « populistes ».
D’oû viennent ces populistes ? Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Pourquoi sont-ils si méchants ? Pourquoi faut-il les terroriser, taseriser, kärcheriser, aboughraïbiser, guantanamiser, jusqu’à ce que leur volonté satanique soit brisée ? Je vais essayer ici de répondre à ces questions.
Le populisme plonge ses racines dans les années ténébreuses qu’on nomme souvent, sans doute par ironie, le « siècle des lumières » ! Un texte du philosophe Emmanuel Kant résume assez bien l’esprit détestable de cette époque : « Qu’est-ce que les lumières ? La sortie de l’homme de sa minorité. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, minorité dont l’homme est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui ».
Si on débarrasse ces lignes de leur lourdeur germanique, on comprend que Kant encourage ses lecteurs à mettre en cause toute autorité. Au lieu de suivre sagement les conseils de son médecin, les ordres de son capitaine, les décrets de son roi et les préceptes de son directeur de conscience (on dirait aujourd’hui conseillé) l’homme des lumières refuse l’obéissance aveugle au nom de sa prétentieuse petite « raison ». Voilà la pensée de Kant et des philosophes. Bienheureux les aveugles puisqu’il leur est épargner la lecture de ces auteurs abominables !
Aussi nauséabonde fût-elle, l’idéologie des « lumières » était encore innocente comparée au populisme radical qu’elle enfanta. Par cette locution j’entends un mouvement qui vise à restreindre le pouvoir des élites (qui sont « censées trahir l’intérêt général« ) et permettre au citoyen ordinaire de participer activement aux affaires publiques ! En un mot, les populistes radicaux veulent « démocratiser la démocratie ». Or, la plupart des philosophes des lumières n’ont jamais eu de sympathie pour la démocratie. S’ils ont critiqué la monarchie, la noblesse et le clergé, ce n’est pas pour aider le peuple à s’émanciper, mais pour légitimer une nouvelle élite, plus apte selon eux à gérer les affaires de l’état. En lieu et place de la noblesse de sang et du clergé, ils entendaient promouvoir une aristocratie fondée sur l’argent et l’instruction : la bourgeoisie. Que l’on lise plutôt Voltaire qui écrivait en 1766 : « j’entends par peuple, la populace qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyen ait jamais le temps ni la capacité de s’instruire…. Il parait essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir comme moi une terre, et si vous aviez des charrues, vous seriez de mon avis. Ce n’est pas le manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, l’habitant des villes." Peu de gens se souviennent de ces dires, mais quelle belle maxime !
Mon admiration va aussi à ces révolutionnaires modérés, qui ont eu la sagesse de reprendre de la main droite ce qu’ils avaient concédé à la plèbe de la main gauche ! Je pense ici à Mr Sieyès, lui qui prônas le suffrage censitaire juste après avoir rédigé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Certains ont cru voir là dedans une contradiction, mais en affirmant l ‘égalité de tous les hommes cher abbé, tu ne pensais pas à ces primates qu’un usage laxiste a rangé dans le genre humain. Les pauvres, les femmes et les nègres nous ressemblent beaucoup, c’est incontestable, mais ce ne seront jamais que d’agréables animaux de compagnie. Telle était ton opinion, Sièyes, et celle de tous les révolutionnaires modérés. Aussi ne faut-il pas s’étonner si la révolution a attendu 1794 pour abolir l’esclavage, et si elle n’a jamais donné le droit de vote aux femmes et aux pauvres !
Comme on le voit, même le fanatique révolutionnaire avait ses limites. Celui des populistes radicaux n’en connaît aucune. Rien n’est sacré pour ces moutons noirs. C’est ainsi qu’ils passent leur temps a contesté la parole des élus et des experts. A titre d’exemple parlant, je citerais le cas incroyable de Fréderic Lordon, un farfelu qui se prétend économiste et chercheur au CNRS. En 2005, invité par charité aux matins de France culture, ce monstre d’ingratitude commença par déverser son fiel sur ses hôtes. D’après lui, il était significatif que les chroniqueurs quotidiens de l’émission (Olivier Duhamel, Alain-Gérard clama Alexandre Adler, et marc Kravetz) se fusent tous les quatre déclarés en faveur du traité européen de Lisbonne. D’après cet olibrius cette unanimité illustrait à merveille le matraquage médiatique subi par les français en faveur de ce traité pendant la campagne référendaire ! S’il avait un peu réfléchi Mr Lordon n’aurait jamais dit cela, il aurait compris que le consensus des élites en faveur du traité prouvait scientifiquement l’excellence de celui-ci. Comment des hommes triés sur le volet pour leur amour du bien commun, auraient -ils pu faire l’apologie d’un texte nuisible ou médiocre ? Voilà ce que Mr Lordon a refusé de voir, car tels sont les populistes radicaux, intoxiqués par la théorie du complot, ils imaginent toujours des intentions malveillantes de la part des classes dominantes.
Alors je pense que tous ces populistes doivent être des impuissants, des jaloux. Faute d’accéder aux hautes sphères, ils se consolent en dénigrant et pourtant sans être excusable, une telle mesquinerie pourrait se comprendre dans une certaine mesure.
Mais il existe une race de populistes plus dangereux eux vomissent leurs élites, alors que le plus souvent ils en font partie ! Pour ces dégénères un diagnostic s’impose : la haine de soi ! Dans le genre, le cas de Mr Chomsky est édifiant Cet homme membre éminent de l’élite mondiale, n’a de cesse de lui reprocher sa complaisance envers l’ordre capitaliste américain et à ce titre seigneur du monde ! Il prend plaisir à débusquer les minuscules travers de la politique étrangère du pays. Pourtant cet homme est juif et il n’a pas de mots assez insultants pour critiquer la bienveillante domination des israéliens sur le va-nu-pied de Gaza et les bédouins de Cisjordanie. Avec lui,le populisme radical prend des proportions pathologiques. Comment est-il possible de renier ainsi son pays, sa caste, son ethnie ? Peut-on, lorsqu’on est un bon mouton bien nourri, renoncer à son instinct grégaire et s’écarter du troupeau ? Comment peut-on cracher sur sa patrie ? Surtout lorsqu’elle se trouve être le pays de la liberté et de Walt Disney ? Comment peut-on être à la fois juif et critique d’Israël, donc antisioniste et par conséquent antisémite ?
Quel sort faut-il réserver aux populistes radicaux ? Depuis la disparition du goulag, nous ne savons plus vraiment oû les parquer. Depuis 2001, nous avons pourtant un endroit tout à fait apte à les recevoir : Guantanamo. Mais vous allez dire que je suis trop dure, n’est-ce pas excessif ? Non car il faut les purger, les humilier, les électrocuter et les faire lentement rôtir afin d’extirper de leurs âmes les erreurs qui les ont pervertie
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Les populistes comme tous les méchants sont victimes de leur aveuglement. S’ils nous trompent c’est qu’ils se trompent eux-mêmes. ET leur erreur est toujours la même : ils se croient sages parce qu’ils ignorent leur propre ignorance ! Ils méprisent les élites parce qu’ils ne comprennent pas à quel point elles les dépassent . Demandons à un citoyen lambda en quoi il est inférieur à nos dirigeants. Il répondra « je ne saurai le dire » et c’est pour cela sans doute qu’il est un citoyen ordinaire ! Mais les populistes raisonnent autrement : pour eux si nous sommes incapables d’expliquer pourquoi les élites sont supérieures à nous c’est à cause de l’incompétence de celles-ci !
On comprend alors aisément à quel point la cervelle des populistes est ravagée par la bêtise. Dire que les élites sont incompétentes est absurde ! Un enfant de cinq ans vous dira que si les élites sont au dessus de nous c’est parce qu’elles comprennent le monde mieux que nous et donc cette compétence est prouvée ! Ensuite, il faut bien se rendre compte que les élites passent beaucoup de temps à s’informer mutuellement, si bien que l’étendue de leur savoir ne saurait se mesurer ! Je m’explique : chaque élite à sa spécialité. L’élite politique n’a pas les mêmes fonctions que les élites médiatiques, scientifique, militaire, économique et j’en passe. Mais toutes ces sphères admirables s’interpénètrent en permanence. Par exemple les grands journalistes fréquentent régulièrement les maîtres de l’économie et de l’état . Tous ces dieux vivent sur le même olympe. Ils ont faits les mêmes études, vont aux mêmes soirées mondaines et dépendent les uns des autres pour s’informer ou pour financer leurs activités. Sans cette féconde connivence, comment les grands journaux américains auraient-ils su, en 2003, que Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive ? Comment auraient-ils pu communiquer cette nouvelle à leurs lecteurs et justifier ainsi une nouvelle guerre contre l’Irak ?
Une autre exemple plus frappant ? Les liens étroits qui unissent le monde politique au monde des affaires ! C’est grace à cette symbiose que les politiciens sont si compétents en économie et les multinationales si florissantes. En France, on connaît bien l’affection du Président pour les grands entrepreneurs comme Lagardère ou Bolloré. Sans cette amitié, on comprendrait mal comment un homme si peu formé aux subtilités de l’économie a pu prendre des mesures géniales comme le bouclier fiscal ou la réforme des droits de succession. Il applique bien le précepte vital que : ce qui est bon pour les riches est bon pour la société. On pesait bêtement que les richesses proviennent du travail de l’homme, aujourd’hui nous savons qu’il n’en est rien ! Malgré les apparences, les créateurs de richesses ne sont pas les travailleurs mais les actionnaires. Et c’est pour cette raison qu’il faut être très gentil avec eux et contrer les populistes qui veulent ponctionner la fortune des riches pour financer les caisses de retraites.
Voilà ce qu’à bien compris Nicolas Sarkozy et tous les autres chefs d’état car il n’est pas seul. Partout dans le monde les politiciens donnent la main aux hommes d’affaires pour construire ensemble un monde plus prospère, plus juste et solidaire. En Amérique du nord ces liens sont encore moins cachés qu’en France : les grandes entreprise financent les campagnes électorales. C’est ainsi que les banquiers ont demandés à Mr Clinton et au congrès faire une déréglementation et ils ont pu utiliser l’argent de leurs clients pour faire des placements juteux. Cela s’est passé en 1999 et l’économie mondiale est montée sur des hauteurs jusqu’alors inconnues.
Il est a présent manifeste que les populistes radicaux sont des fous ! Il convient de les rééduquer pour le salut de leurs âmes mais il convient plus encore de les mettrent quarantaine afin que leurs délires ne contaminent pas le paisible troupeau des citoyens. En attendant, il faut les isoler moralement en les discréditant aux yeux de la population. Pour ce faire il n’est pas utile de savoir manier la rhétorique. Ainsi, ce n’est pas pour rien que j’ai utilisé le mot « populiste » tout au long de ma démonstration, car il a l’avantage de mettre dans le même sac tous ceux -de l’extrême droite à l’extrême gauche- qui contestent la légitimité des élites. Une personne est-elle favorable à la réduction des inégalités ? C’est un populiste ! Une autre souhaite plus de démocratie ? C’est un populiste ! Ce mot finira bien par devenir l’injure suprême à égalité avec terroriste ! D’ores et déjà il remplace communiste et fasciste
Si cette propagande s’amplifie, il est fort à parier que nos brebis perdues finiront par avoir honte de leur folie et pardonnées, éperdues d’amour pour leurs maîtres généreux elles retrouveront la douce chaleur du bercail capitaliste et les vertus dormitives du consumérisme. Quant à nous, les moutons fidèles, nous pourrons de nouveau brouter tranquilles attendant patiemment le jour béni ou métamorphosés en gigots, nous partirons pour ultime voyage vers l’estomac de nos propriétaires.
En plus, chez nous, nous en avons qui revendique le titre, un exemple : Jean-Luc Mélenchon à France Inter. Fou je vous dis !!!!!
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