La philosophie, suite.....
mes amis,
Après ce que je vous ai dit dernièrement, ce qui importe le plus ce jour c'est que vous compreniez pourquoi, aux yeux de tous les philosophes, la crainte de la mort, nous empèche de bien vivre. Pas seulement parce qu'elle engendre l'angoisse, car à vrai dire, la plupart du temps nous n'y pensons pas , et je suis sûre que vous ne passez pas vos journées à méditer le fait que les hommes sont mortels ! Mais, bien plus profondément, parce que vous touchez à l'irréversibilité du cours des choses, qui est en soi une sorte de mort au coeur même de la vie, et qui menace de nous entrainer dans une dimension du temps qui corrompt l'existence : celle du passé ou viennent se loger ces grands corrupteurs de bonheur que sont la nostalgie, la culpabilité, le regret et le remord.
Vous me direz sans doute qu'il suffit de ne pas y penser, d'essayer de s'en tenir par exemple aux souvenirs les plus heureux plutôt que de ressasser les mauvais moments. Pas si simple... Paradoxalement, la mémoire des instants de bonheur peut tout aussi bien nous tirer insidieusement hors du réel, elle transforme avec le temps "les paradis perdus" en nous conduisant vers le passé et nous interdit ainsi de goûter le présent.
Comme je vais assayer de vous l'expliquer, les philosophes grecs pensaient que le passé et le futur sont deux maux qui pèsent sur la vie humaine, les deux foyers de toutes lesangoisses qui viennent gâter la seule et unique dimension de l'existence qui vaille d'être vécue, tout simplement parce qu'elle est la seule réelle, celle de l'instant présent. Le passé n'est plus, il ne reviendra pas, nous n'avons aucune prise sur lui. Le futur, idem, lui n'est pas encore là et même si nous faisons des projets, c'est le destin et le présent qui conditionne sont état, et pourtant, nous vivons presque toute notre vie sur ce fil tenu, entre passé et futur, entre souvenirs et projets, entre nostalgie et espérance. Nous nous imaginons que nous serions plus heureux si, enfin, nous avions ceci ou cela, mais à force de regretter le passé ou d'espèrer en l'avenir, nous finissons par râter la seule vie qui vaille, celle qui relève de l'ici et du maintenant. C'est aussi là que s'éclaire les différences fondamentales entre philosophies, toutes et religions, toutes bien sûr. Pour le philosophe, le salut ne vient vient d'un "autre, être "transcendant"(qui veut dire extérieur et superieur à nous) mais bel et bien de nous-mêmes. la philosophie n'a d'autre but que nous nous en sortions par nous même, par les voies de la "raison", si du moins nous pouvons nous en servir avec audace et fermeté et c'est sans doute à cela que Monstaigne faisait allusion dans sa célèbre phrase : "philosopher, c'est apprendre à mourir.