Médias : oû sont les femmes ?
Mes amis,
Elles représentent plus de la moitié de la population française mais restent, paradoxalement, les moins représentées, que ce soit à la télé, à la radio ou dans la presse en politique, malgré une loi sur la paritié .
Bienvenues dans le monde macho des médias !
D'après le rapport de la Commission sur l'image des femmes dans les médias, publié en avant-première par Le Parisien, non seulement, les expertes invitées dans les médias n'étaient que 18% (contre 82% d'hommes, donc) en 2011, mais les rares intervenantes ont eu, en moyenne, un temps de parole sept fois inférieur à celui de leurs homologues masculins !
"La légitimité du savoir reste masculin", analyse Michèle Reiser, présidente de la Commission et membre du CSA, dans le quotidien. Le domaine arbitrairement réservé aux femmes reste celui de pathos et du vécu. Nicole Bacharan, historienne et politologue habituée des plateaux télé, interviewée par Le Parisien confirme ce triste constat : "c'est un fait : la parole de l'expert, celle dont on considère qu'elle fait autorité, est plus masculine que féminine. En revanche, on considère que le champ d'expertise des femmes, c'est tout ce qui tourne autour de la famille, de l'éducation, du social. Bref, tout ce qui peut se rattacher de près ou de loin au rôle maternel de la femme, et c'est bien regrettable." Et même lorsque les sujets sont plutôt "mixtes" ou "féminins", les femmes ne sont pas les premières invitées (seulement 25%). Cliché, quand tu nous tiens !
Est-ce seulement une question d'autorité et de crédibilité ? Selon François Jost, analyste des médias, "il y a une agressivité masculine qui pousse les hommes à faire plus de spectacle devant les caméras. On le voit très bien avec le remplacement des deux Eric (Naulleau et Zemmour, ndlr) par deux femmes, Audrey Pulvar et Natacha Polony, qui sont beaucoup plus accommodantes avec les invités", explique-t-il dansLe Parisien.
S'il ne remet pas totalement en question le nombre de femmes dans le journalisme, François Jost admet volontiers qu'elles travaillent plus "dans l'ombre" pour que finalement ce soit un homme qui présente l'émission, "dans la lumière".
Alors que les responsables de journaux, radios et chaînes ont signé, l'année dernière, un acte d'engagement pour remédier à ce déséquilibre des représentations, les mentalités ont encore du mal à aller dans ce sens. "La représentation des femmes ne pourra évoluer que si les hommes en ressentent aussi la nécessité", explique Michèle Reiser. Faut-il imposer des quotas ? Les avis restent divisés. Pour les femmes interrogées par le quotidien, c'est plus en profondeur et non en surface, que le travail doit être fait, notamment à force de sensibilisation du public et des professionnels du milieu. La raison principalement de la défaite de Mme Royal, madone du poitou et surtout nunuche ?