Mes réflexions sur "la crise" et ses fondements
Mes amis,
Depuis la découverte, par le monde et les agences de notations de la crise américaines des subprimes j'ai beaucoup lu et analyser et voici le résultat de mes réflexions :
"Faire de l'argent et toujours plus, voire faire de l'argent avec de l'argent, sans limite. C'est ce
qui est proposé à tous et que peu ont les moyens d'accomplir, sans meubler beaucoup l'âme
des uns et des autres. Peut-être cela aide-t-il les gagnants à oublier la mort, mais celle
, massive de leurs victimes est là pour leur rappeler à tout moment la vanité de ce
divertissement. Ce totalitarisme de l'économie débouche à court terme sur son suicide et peut
-être celui de l'humanité elle-même."
"Le discours publicitaire, qui envahit tout, banalise la vision pan-économique du monde et
la pousse à l'absurde en la déréalisant. En prétendant donner sens à la vie, il en manifeste le
non-sens. Les mots ne servent plus qu'à faire vendre. Quand ils visent à faire rêver dans
l'univers des médias, ce n'est pas pour nous plonger dans l'euphorie poétique mais bien plutôt
dans le délire consumériste; les objets de consommation de masse ne sont plus l'instrument et
l'objectif d'un art de vivre, mais le combustible d'une pulsion obsessionnelle dont nous
devenons toxico-dépendants. Toutefois, la rupture des chaînes de la drogue sera d'autant plus
difficile qu'il est de l'intérêt des trafiquants (en l'espèce la nébuleuse des firmes
transnationales) de nous maintenir dans l'esclavage, et que les drogués préfèrent soutenir
leur dealers que consulter leurs médecins."
"La stratégie de l'ordre des marchands consiste donc, avec la complicité consciente ou
inconsciente de ceux qu'elle a gagné à sa thèse, à faire croire à l'ensemble de la population du
monde que sa "mercantilisation" est achevée et que toute résistance est inutile et néfaste,
dans l'intérêt de chacun."
"L'ultime propagande de notre époque techno-suffisante et info-mondialisée, douée d'une
puissance de reproduction quasi autonome se résume par le slogan planétaire : "Je vends,
j'achète, donc je suis!""
"La croissance économique se mesure universellement par une progression annuelle du
produit intérieur brut (PIB) d'un pays donné. Thermomètre récurrent de la fièvre productiviste et
consumériste, cette mesure, calculée en pourcentage, exclut des paramètre de son calcul tout
ce qui pourrait en contredire la fonction."
"La croissance économique s'est construite sur le clonage des marchandises, qui est la
préfiguration du clonage humain, la frontière entre matière inanimée et organisme vivant
tendant à s'abolir. La relation entre demande et offre économique s'est inversée. L'offre doit
précéder la demande afin de créer sans cesse des besoins nouveaux justifiant la fabrication
toujours croissante des produits qui en sont la matérialisation éphémère. La guerre
économique s'est traduite en conquêtes de parts de marché qui ne concernent plus seulement
les matières et les territoires à conquérir, mais les esprits à soumettre. La soumission des
esprits par la propagande publicitaire est l'objectif de la guerre de l'information à l'échelle
mondiale."
"L'économie n'est pas la réalité. Elle n'est qu'une réduction monstrueuse de nos existences à
un plan comptable. Cette monstruosité cache l'horizon tout entier. L'économie n'a pas de
réalité et c'est d'elle dont devrait dépendre nos vies ? Nos vies sont liées au pain que l'on a
pétri, que l'on mange, au pain que l'on partage et au champ d’où proviennent les grains
. L'économie ne mesure pas les vraies richesses, elle comptabilise nos pertes d'humanité."
"En général, la perception de la différence sensible entre un objet de fabrication industrielle ou
celui d'origine artisanale advient dans la comparaison entre objets de cette dernière
provenance. Aucun d'eux n'est strictement identique, quelle que soit l'habileté de l'artisan dans
son métier. Et c'est justement ce caractère non identique d'un objet à l'autre qui nous touche
. C'est la trace d'une imperfection qui fait sens. C'est la marque d'une impossibilité positive de
reproduction à l'identique, nous renvoyant à la notre en la valorisant. A contrario, la
reproduction clonée des objets industriels nous inquiète parce qu'elle nous renvoie à
l'indifférenciation que nous redoutons pour nous-même par rapport à nos semblables."
"Une campagne publicitaire pour une marque de produits industriels revêt toutes les
apparences et les attributs d'une campagne militaire : propagande, cible, stratégie, occupation
des territoires, parts de marché ou situation de monopole, c'est-à-dire d'élimination de toute
concurrence."
"L'immense nouveauté de notre époque réside dans le fait que pour la première fois dans
l’Histoire, il est reconnu que l’espèce humaine, sous la houlette implacable de l’Occident
intervient sur le déterminant essentiel de sa propre apparition : la biosphère. Cette
intervention provoque des effets assimilables à un écocide généralisé. L’hospitalité de la Terre
est remise en question."
"La contrainte des ressources naturelles devient une donnée objective qui n’appartient pas à
l’ordre socio-politique de la domination, mais au respect des lois naturelles que l’on ne peut
transgresser sans risques majeurs. Une pédagogie de la contrainte objective anticipe sur celle
des catastrophes. La notion écologique des limites semble facile à admettre et à faire
comprendre."
"Dans nos sociétés enrichies, mais incapables d'éradiquer les phénomènes d'exclusion
sociale en leur propre sein, le silence acheté par l'illusion du confort pour la grande majorité
des consommateurs remplit la même fonction que l'omerta mafieuse. Les intimidations sont
officielles et encouragées par les Etats : si nous consommons moins, nous ne sommes pas de
"bons patriotes" puisque nous ne participons pas à la croissance économique qui est censée
apporter des bienfait à tout le monde."
"Nombreux, parmi les poètes et les penseurs, affirment que le plus urgent est
de resacraliser le monde et de restituer à la vie sa transcendance originelle. Mais, pour ceux
qui ont en mémoire le temps si long et pourtant pas si lointain où cette transcendance ne servit
qu'au pouvoir et à l'arrogance des clercs de toutes les religions, cette resacralisation ne peut
plus se réaliser que sur un mode laïque et en quelque sorte lavé de toute emprise dogmatique
ou théologique."
"Il se peut que l'humanité ne soit qu'un accident de parcours, une "erreur" de la Nature. Cette
pensée négative peut nous aider à relativiser l'importance que nous nous sommes octroyée
sans tels des enfants prodigues d'un miracle qui restera à jamais insondable. La foi en
l'être humain n'est, en aucun cas, une garantie de sa pérennité. Ne provient-elle pas
uniquement de la beauté qui parfois l'illumine avant de le réduire en cendres ?"