Pourquoi Ségolène n'a plus été d'accord avec le PS après Mitterrand
Mes amis,
On parle souvent d'un Etat en faillite. Aujourd'hui. On oublie souvent qu'en 1983, c'est à dire à l'heure de l'immédiateté, il y a des années-lumières, l'Etat était DEJA en quasi faillite. C'est pourquoi, en cette année 1983, Jacques Delors, Ministre des Finances met en place la "désinflation compétitive". Les échelles mobiles des salaires qui permettaient l'indexation des salaires sur les prix sont cassées. Le droit du travail est assoupli. Résultat: la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises tombe de 75% au milieu des années 70 à 66 au milieu des années 80. ET on n'en bougera plus!...
1989... La chûte du mur de Berlin confirme le triomphe des idées libérales. Reagan et Thatcher sont des modèles à suivre. Le monde s'ouvre à tout et surtout à tous les excès financiers (déja). La mondialisation "heureuse" est en marche...
L'Etat se désengage peu à peu, puis "beaucoup à beaucoup". Les syndicats français ont de moins en moins de puissance (pour rappel, la France c'est 12% de syndiqués à l'époque dont la moitié dans la fonction publique). Les délocalisations s'accélèrent. L'ouvrier de la banlieue bordelaise est désormais en concurence avec celui de Shenzen (Chine). Les coûts induits et jamais dénoncés sont lourds: chômage, pollution dus aux transports routiers qui s'accélèrent (délocaliser est une chose mais il faut ensuite acheminer les produits), environnement massacré... Sans parler des vies de famille brisées par l'irrésistible ascension des idées libérales qui contaminent même la gauche.
Bien entendu, on crée de plus en plus de richesses mais l'écart des salaires n'a jamais été aussi grand: l'échelle des salaires passe de 1 à 20 en 1960, puis de 1970 à 2009 il passe de 1 à 50, à 60 pour atteindre l'écart de 1 à 230 il y a deux ans. Enfin, alors que le PIB de la France passe de 225 milliards d'euros en 2003 à 1894 milliards d'euros en 2009, le niveau de revenu de 2007 ne représente que 1,2 fois celui de 1983. Les français travaillent, travaillent même beaucoup, produisent beaucoup, sont parmi les travailleurs les plus productifs au monde (ce que l'on ne dit jamais!) et pourtant les fruits de ce travail restent très peu nombreux.
Pire même, le chômage s'incruste. Il oscille en permanence entre 8 et 10% de la population active. 30% des moins de 25 ans ne trouvent pas d'emploi. Très récemment on apprenait (INSEE) que les contrats d'apprentissage avaient chûté de 44%! La France s'enfonce dans le pessimisme. Une grande majorité est persuadée que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. Du jamais vu!
1997... La gauche revient au pouvoir. Elle relance l'idée du partage du travail. Martine Aubry, Ministre de l'emploi et de la solidarité, propose de ramener le temps de travail de 39 à 35 heures. Cette mesure du Gouvernement Jospin/Aubry devait créer des emplois. En compensation et afin de ne pas pénaliser la compétitivité des entreprises (on le dit moins souvent ça), Martine Aubry propose mezzo voce (mais elle sera très bien entendue par les intéressés, c'est à dire les chefs d'entreprises) une fexibilité accrue du temps de travail, son annualisation et une MODERATION SALARIALE.
Pour de très nombreux salariés, cette Loi (mal ficelée, mal présentée, mal appliquée... On le dit peu aussi) est un marché de dupes. Il y a bien eu diminution du temps de travail mais compensée partout par son intensification. Dans de très nombreuses entreprises, on impôse aux salariés de faire en quatre jours ce qu'ils faisaient en cinq. Dans la grande distribution, le temps de travail est éclaté en tranches et sa gestion devient impossible. Sans parler des hôpitaux ou le désordre est total. Les emplois promis ne seront pas créés. Mais la modération salariale sera TRES BIEN appliquée. Car si les années 1999-2000 voient une croissance économique grâce à la productivité des salariés français, ces mêmes salariés ne verront RIEN des résultats de cette croissance.
Alors vont commencer à se constituer des armées de déçus du socialisme. L'électorat "naturel" du Parti Socialiste se sent abandonné. Ces déçus et mécontents formeront les bataillons à venir qui voteront Sarkozy en 2007 et, pour beaucoup également, Jean-marie Le Pen (puis Marine...).
Paradoxalement, c'est la gauche des Jospin/Aubry qui, par un aveuglement coupable, par un mépris affiché pour la classe ouvrière (il y a 6 millions d'ouvriers en France!) a favorisé -certes involontairement- l'arrivée au pouvoir d'un Nicolas sarkozy. Le reniement de la candidate socialiste Ségolène Royal (pourtant la seule attentive aux sans-voix) accompagnée d'une mise en avant suicidaire d'un DSK aux idées si proches des puissances financières en passant par un Congrès de Reims absolument grotesque et honteux ont achevé de faire du Parti Socialiste de Jaurès et de Blum un parti aux idéaux brouillés, illisibles.
Et ce ne sont ni François Hollande ni Martine Aubry qui donnent aujourd'hui l'impression de corriger le tir...
La seule candidate aux primaires du PS qui soit crédible sur ses propositions est Ségolène Royal, elle n'est plus au niveau du PS mais bien au-dessus du nid de coucou que ce parti est devenu ! En ce qui concerne la présidentielle, il faut voir la tête de sarkozy qui, si elle est présente, ne se présentera peut-être pas car il faudra du temps pour faire les bagages avec un nouveau né c'est plus long !!!