Quand les banques continuent de s'amuser......
Mes amis,
Livret A : la fin du cadeau aux épargnants ». Ce matin La Tribune tout comme les Echos l’autre quotidien économique se félicitait de la décision de Christian Noyer, le gouverneur de la banque de France, de laisser inchangé le taux de rémunération du Livret A :
En réalité, ce maintien du taux à 1,25 est tout à la fois une tannée pour les épargnants et une véritable aubaine pour les banques commerciales. Voici pourquoi.
Une tannée ? La forte poussée de l’inflation commandait de faire passer le taux de 1,25% à 1,75% afin que les économies des Français ne soient pas grignotées par l’érosion monétaire. Mais le bon gouverneur n’a cure des 50 millions de détenteurs du petit Livret A et de ses petits frères (LDD…). Lui sait que les épargnants échaudés par la crise financière sont davantage séduits par l'absence de risque de ce produit que par l'appât du gain engendré par un taux élevé. Quant aux autres,Ils n'ont qu'à jouer à la Bourse ...
Oui mais voilà, en attendant, les Français dans leur grande masse, inquiets pour leur avenir, notamment à cause des menaces pesant sur les retraites, épargnent comme des fous. Ils ont ainsi placé dans ce produit sans risque, 186,7 milliards d’euros !!
C'est ici qu'intervient la super aubaine pour les banques chéries par le gouverneur. Depuis la banalisation de la distribution du Livret A, en janvier 2009, toute les sommes restent dans les mains des banques collectrices au-delà de 160 milliards d’euros. Pour le Crédit Agricole, la recette est de 6 milliards et sans doute des sommes voisines pour la BNP et la Générale. Une ressource totale de 26,5 milliards d'€ vraiment pas chère pour jouer sur les marchés financiers.
Et d’ailleurs, pourquoi ne pas profiter de l’énorme opportunité offerte par la crise grecque qui a fait exploser les taux d’intérêt que cette nation doit payer à ses créanciers ? Du bon papier libellé en euros qui plus est ! La Grèce est en effet un terrain de chasse bien connu des banques françaises. Elles sont parmi les premières prêteuses à cet Etat. Aussi, quand la Grèce a hier placé prés de 1,5 milliards d’euros à six mois et un an (des maturités proches de celles qui servent de référence pour les Livrets), elles devaient être parmi les plus en pointe pour en acheter. Il faut dire que les taux proposés étaient attractifs : 4,55% pour le prêt à six mois, et 4,85% pour celui à un an. Pas étonnant dans ses conditions que la demande pour acheter cette dette fut 7 fois plus importe l’offre : quand la Grèce en demandait 1,5, il lui en a été proposé 10.
Parfaitement logique :un taux presque 5% pour de la dette en euro, émise par un Etat, dont le risque de faillite est nul, qui ferait la fine bouche ? En somme, les épargnants français sont des cteurs malgré nous de la spéculation sans le savoir, ils financent, via les banques, la spéculation sur le marché monétaire. Les pertes colossales de la CE et de la Banque postale en 2009 d'environ 600 millions d'euros pour les seuls distributeurs,à l'époque, des livrets A, n'ont plus qu'à recommencer, Monsieur Sarkozy et son sac à billets sans fond est là......