Sommes-nous encore en démocratie ?
Mes amis,
Le 20 mai dernier, Didier Porte, humoriste à France Inter qui intervient souvent le jeudi sur l'antenne de "la matinale" fait une chronique acerbe sur l'invité du matin : Dominique de Viullepin qui n'est pas encore arrivé aux studios. Didier fait son intervention en invitant De Villepin à se défouler dans sa voiture pour être clean à l'antenne et pour se faire lui conseille d'insulter le président sarkozy en ces termes : j'encule Sarkozy ce petit connard sans couilles !!
Dans l'immédiat, cette chronique, guère plus impertinente que des dizaines d'autres, de Porte ou de Stéphane Guillon, ne "buzze" pas particulièrement.
Deux heures plus tard, Porte reçoit un appel de la secrétaire de Philippe Val qui le convoque pour 14 heures. Il est reçu par Val et sa nouvelle directrice adjointe, Laurence Bloch. L'entretien est violent. Les deux responsables estiment , entre autres reproches, que le mot "enculé" sur une antenne publique est une obscénité "sexiste". Pour se défendre, Porte invoque une précédente chronique de 2009, dans laquelle il avait utilisé un dispositif similaire : évoquant la condamnnation d’un manifestant pour avoir brandi une pancarte «Je nique Sarkozy, ce fils de pute», il s'était amusé sur le mode «Comment peut-on dire une telle horreur: «je nique Sarko, ce fils de pute»? Vous pouvez être certain que vous n’entendrez jamais «je nique Sarko, ce fils de pute sur l’antenne de France Inter...D’ailleurs, mon cher Nicolas, si vous sentez qu’un jour, je risque de dire «je nique Sarko, ce fils de pute» à l’antenne, arrêtez moi!», etc, etc... Porte ajoute que dans une de ses chroniques de 2009, son collègue Stéphane Guillon a prononcé au minimum trois fois le mot «enculé», sans encourir aucun reproche.
Peine perdue. Deux jours plus tard, Porte reçoit un avertissement de la direction en recommandé, avec accusé de réception.
L'affaire semble se calmer. personne de demande, comme pour la chronique de Guillon sur Besson que jean Luc Hess le patron nommé par Sarkozy de France Inter fasse des excuses publiques !!
| Mais le 3 juin, à l'occasion de l'annonce du départ de Demorand, quatre journalistes de la Matinale de France Inter (Nicolas Demorand, Thomas Legrand, Bernard Guetta, Philippe Lefébure) sont invités au Grand Journal de Canal+. Et deux d'entre eux, interrogés par Denisot, "exécutent" l'humoriste. Regardez la vidéo, mise en ligne par Le Post "Proprement inconcevable" lance Guetta, qui assure avoir failli emboutir un bus, au volant de sa voiture, en entendant la chronique fatale. Le plus violent est Nicolas Demorand, qui lance : "ce n'est pas la radio que je souhaite faire". Aucun de ses quatre collègues n'a la moindre parole d'estime ou de respect pour Porte. Cette émission est visible sur le site de Canal+. |
L'épisode ne va évidemment pas rester sans suites. Porte et Guillon ont suscité moult polémiques de la part des invités politiques qu'ils ont étrillés, sans avoir jamais été désavoués publiquement par Demorand.
Par ailleurs, Demorand a annoncé cette semaine son départ de la Matinale à partir de la fin de cette saison, évoquant des raisons de fatigue personnelle, après huit ans de mobilisation matinale, sur France Culture, puis sur France Inter. Il est question qu'il se voie confier par la direction une émission politique, sans humoristes !!
Dernier paradoxe de la situation : Val, comme chacun sait, est l'ancien directeur de Charlie Hebdo, qui se retrouve aujourd'hui dans le rôle du censeur d'une chronique dont l'humour grossièrement provocateur est dans la plus pure tradition de Charlie et de Hara Kiri.
Ce matin, stephane Guillon a fait une chronique sur Hortefeux et ses propos racistes, mais à la fin, tout à la fin, il dit en citant Beaumarchais "dépechons nous de rire de tout, car un jour on ne pourra plus rire de rien" un avertissement ?
