Vous avez dit civilisation ?
Mes Amis,
C'était le 31 décembre 2007. Nicolas Sarkozy présentait ses voeux aux français : "Depuis trop longtemps, la politique se réduit à la gestion, restant à l'écard des causes réelles de nos maux, qui sont souvent plus profondes. J'ai la conviction que dans l'époque oû nous sommes, nous avons besoin d'une politique de civilisation". Et il insistait quelques jours plus tard, devant les journalistes : "cette nécessité s'est imposée à chaque fois qu'un grand choc politique, économique, technologique ou scientifique est venu ébranler les certitudes intellectuelles..."
Bien vu et pas mal dit. Sauf, que c'était du vent !! Content de sont effet et de la fébrilité qu'il avait déclanchée dans le Landerneau intellectuel, le Président n'avait pas tardé à ranger le concept au magasin des accessoires de la communication. Oubliée, envolée depuis un an, la politique de civilisation !! Dommage, car il en aurait bien besoin, aujourd'hui, pour tenter d'éclairer les français, comme il s'apprête à le faire, sur les chamboulements du monde et son propre dessein.
Au-delà de l'inquiétude économique et sociale que les cortèges compacts de salariés viennent d'exprimer, au-delà de la colère des multiples professions qui s'estiment incomprises ou méprisées, au-delà du malaise croissant qui embastille Julien Coupat pour "terrorisme" sans être en mesure, trois mois plus tard, d'en fournir la moindre preuve, au-delà de tout çà, qui fait déjà beaucoup, c'est une crise plus sourde qui est à l'oeuvre. Une sorte de fracture culturelle ou, pour paraphraser la trouvaille présidentielle piratée chez Edgar Morin et Sami Naïr, une crise de civilisation !!
Que démontre, en effet, la crise qui déstabilise chaque jour un peu plus le monde ? Tout simplement que ce monde-là est cul par dessus la tête, et largement caduque les postulats idéologiques qu'il imposait, sans ménagement depuis deux ou trois décennies.
Comment prêcher à tout bout de champ le culte de l'efficacité, de la performance, et de l'excellence, notions chères au chef de l'état, quand celles-ci se résument chez les financiers les plus huppés, à la recherche compulsive de jackpots permanents ? Comment plaider devant les sans-grades en faveur de la responsabilité individuelle quand les maitres du monde peuvent s'en exonerer ? Comment défendre l'entreprise France, quand cela conduit à faire du citoyen un client et du service une marchandise ? Comment redonner du sens à ce qui tisse une société quand on a dénoncé, au nom de cet utilitarisme, les collectivités d'hier, forcement archaïques, sans en proposer de nouvelles ?
Autant de questions auxquelles les français attendent desormais des réponses. Le problème de Nicolas est que ces postulats constituent le socle même de ses convictions et de son projet. et que, pour l'avoir déjà sortie de son chapeau il y a un an, il ne peut plus nous refaire le coup de 'la politique de civilisation".
Bien à vous, dormez si vous le pouvez.
C'était le 31 décembre 2007. Nicolas Sarkozy présentait ses voeux aux français : "Depuis trop longtemps, la politique se réduit à la gestion, restant à l'écard des causes réelles de nos maux, qui sont souvent plus profondes. J'ai la conviction que dans l'époque oû nous sommes, nous avons besoin d'une politique de civilisation". Et il insistait quelques jours plus tard, devant les journalistes : "cette nécessité s'est imposée à chaque fois qu'un grand choc politique, économique, technologique ou scientifique est venu ébranler les certitudes intellectuelles..."
Bien vu et pas mal dit. Sauf, que c'était du vent !! Content de sont effet et de la fébrilité qu'il avait déclanchée dans le Landerneau intellectuel, le Président n'avait pas tardé à ranger le concept au magasin des accessoires de la communication. Oubliée, envolée depuis un an, la politique de civilisation !! Dommage, car il en aurait bien besoin, aujourd'hui, pour tenter d'éclairer les français, comme il s'apprête à le faire, sur les chamboulements du monde et son propre dessein.
Au-delà de l'inquiétude économique et sociale que les cortèges compacts de salariés viennent d'exprimer, au-delà de la colère des multiples professions qui s'estiment incomprises ou méprisées, au-delà du malaise croissant qui embastille Julien Coupat pour "terrorisme" sans être en mesure, trois mois plus tard, d'en fournir la moindre preuve, au-delà de tout çà, qui fait déjà beaucoup, c'est une crise plus sourde qui est à l'oeuvre. Une sorte de fracture culturelle ou, pour paraphraser la trouvaille présidentielle piratée chez Edgar Morin et Sami Naïr, une crise de civilisation !!
Que démontre, en effet, la crise qui déstabilise chaque jour un peu plus le monde ? Tout simplement que ce monde-là est cul par dessus la tête, et largement caduque les postulats idéologiques qu'il imposait, sans ménagement depuis deux ou trois décennies.
Comment prêcher à tout bout de champ le culte de l'efficacité, de la performance, et de l'excellence, notions chères au chef de l'état, quand celles-ci se résument chez les financiers les plus huppés, à la recherche compulsive de jackpots permanents ? Comment plaider devant les sans-grades en faveur de la responsabilité individuelle quand les maitres du monde peuvent s'en exonerer ? Comment défendre l'entreprise France, quand cela conduit à faire du citoyen un client et du service une marchandise ? Comment redonner du sens à ce qui tisse une société quand on a dénoncé, au nom de cet utilitarisme, les collectivités d'hier, forcement archaïques, sans en proposer de nouvelles ?
Autant de questions auxquelles les français attendent desormais des réponses. Le problème de Nicolas est que ces postulats constituent le socle même de ses convictions et de son projet. et que, pour l'avoir déjà sortie de son chapeau il y a un an, il ne peut plus nous refaire le coup de 'la politique de civilisation".
Bien à vous, dormez si vous le pouvez.
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