Non, La Turquie n'est pas qu'un pont !!
Mes ami
La première visite présidentielle en Turquie au bout de 19 ans pouvait apparaître comme un événement historique pour les relations franco-turques. Etant donné que ces relations ne sont pas au meilleur de leur forme, cette visite était l’occasion de tourner une nouvelle page.
Mais elle n’auraduré que 300 minutes et n’a servi qu’à aggraver la crise entre Paris et Ankara.
Les Turcs ont critiqué autant le style que la durée de cette visite car l’importance de ces liens historiques, culturels et économiques justifiait largement cette attente. Pendant cette décevante visite, Sarkozy a répété les mêmes formules à côté du président turc, Abdullah Gül. Il a déclaré que l’adhésion turque à l’UE ne serait bénéfique ni pour l’Europe, ni pour la Turquie. Il a également réaffirmé que la place de la Turquie est au Moyen-Orient, pas en Europe, même si les négociations devaient être maintenues et que la Turquie était un pont entre l’Occident et l’Orient.
Au-delà du fait que Sarkozy préfère paralyser les relations franco-turques sur cette question de l’adhésion, il semble irréaliste de traiter la Turquie comme un petit pays perdu dans l’océan Pacifique, dans lequel on puisse passer quelques heures. Depuis 2007, la Turquie a beaucoup changé. Les clichés comme « le pont entre l’Occident et l’Orient » ne sont plus suffisants pour décrire l’importance de ce pays, véritable économie en pleine croissance et pôle d’attraction politique, diplomatique et culturel de niveau international. Ankara déploie une diplomatie très active, depuis plusieurs années, dans le monde arabe, en Afrique et en Asie-Centrale.
Deuxième croissance de la planète après la Chine, ce que beaucoup ignorent, son économie se déploie partout dans le monde alors que les séries turques font un tabac dans les pays arabes et balkaniques. La diplomatie française, qui a déjà raté le rendez-vous du printemps arabe, a autant de mal à analyser le poids de la Turquie dans la région. Plus ancien ami de la Turquie en Europe, la France est en train de dilapider ce capital confiance qui paraît plus important que jamais. Encore une fois "le diplomate" Sarkozy aura trébuché, même s'il ne venait pas au nom de la france, mais du G20. Encore quelques mois et nous aurons la terre entière contre nous !
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